Dans les faits, la consultation menée par le CMI auprès de ses anciens clients s’est traduite par le choix de plusieurs commerçants qui ont préféré basculer vers CDM Pay comme nouvel acquéreur de leurs solutions de paiement. Cette décision, qui pourrait sembler arithmétique pour un observateur extérieur, résonne avec les attentes de nombreux acteurs économiques : continuité des services, absence d’interruption des opérations de paiement, et maintien de standards de qualité élevés. Autant de garanties que CDM Pay met en avant pour rassurer ses nouveaux partenaires dans une période jugée sensible par les professionnels du secteur.
La dynamique s’inscrit dans une stratégie plus vaste, initiée depuis mai 2025, lorsque Bank Al‑Maghrib a ouvert le marché de l’acquisition des paiements électroniques à de multiples acteurs, mettant fin à une situation de quasi‑monopole du CMI et encourageant l’émergence de nouveaux établissements de paiement. Parmi les premiers à se lancer : Attijari Payment, BMCE Pay, Damane Cash, LANACash, M2T, Saham Paiements et bien sûr, CDM Pay lui‑même.
Ce changement de paradigme n’est pas anodin. Il répond à une vision nationale de digitalisation accrue, d’inclusion financière et de réduction progressive de l’usage du cash dans les transactions quotidiennes. Un objectif qui, à force d’efforts conjugués entre régulateurs, banques et opérateurs, commence à se concrétiser sur le terrain.
Ce qui se joue aujourd’hui avec CDM Pay, c’est bien plus qu’une redistribution de contrats : c’est l’instauration d’un modèle concurrentiel où chaque commerçant peut choisir son prestataire de paiement selon ses besoins et les services offerts. Dans un marché encore jeune, cette émulation devrait, sur le long terme, encourager l’innovation, réduire certains coûts et améliorer l’expérience globale des utilisateurs, qu’ils règlent leurs achats en présentiel ou en ligne.
Pour CDM Pay, l’enjeu est à la fois commercial et stratégique. Filiale d’une grande institution financière marocaine, elle sait qu’elle doit conjuguer agilité technologique et fiabilité opérationnelle. Le fait de s’appuyer sur l’expertise du CMI acteur historique qui a structuré le marché monétique national depuis plus de vingt ans confère à l’entreprise une légitimité certaine auprès des commerçants et des e‑marchands.
Un point souvent souligné par les commerçants eux‑mêmes est la sécurité des transactions et la stabilité des infrastructures de paiement. Dans un contexte où les cybermenaces et les interruptions de service peuvent avoir des conséquences financières lourdes, cette dimension n’est pas accessoire elle constitue un critère de choix presque aussi important que le coût ou la simplicité d’intégration.
CDM Pay ne se contente pas d’hériter de contrats : l’entreprise a aussi mis en place un accompagnement dédié, avec pour chaque nouveau client l’attribution d’un responsable de relation. Cette démarche vise à faciliter l’adoption des services, répondre rapidement aux besoins opérationnels, et accompagner les commerçants dans leurs défis quotidiens en matière de paiement électronique un facteur non négligeable dans un environnement où nombre de PME et startups cherchent encore leur chemin numérique.
Pour les professionnels marocains, qu’ils soient restaurateurs à Rabat ou e‑marchands à Fès, cette ouverture du marché peut signifier une baisse potentielle des coûts de transaction, une diversité d’outils technologiques (des terminaux classiques aux solutions e‑commerce modernes) et une agilité renforcée face à une clientèle de plus en plus connectée. Et si la route vers une économie totalement cashless est encore longue, ces évolutions tangibles donnent un avant‑goût prometteur de ce que pourrait être l’avenir des paiements dans le Royaume.
À l’aube de 2026, le Maroc confirme ainsi sa volonté d’intégrer pleinement les nouvelles technologies financières dans son tissu économique, tout en respectant une régulation qui cherche à concilier compétitivité, sécurité et inclusion. Une transition sensible, certes, mais qui, avec des acteurs engagés comme CDM Pay, pourrait bien devenir un modèle pour d’autres marchés en Afrique du Nord.